Allalinhorn 4 027m – 10-11 août


Un 4 000 ce n’est pas un dessert Mont-Blanc !

JPEG Souhaitant profiter de l’expérience de l’USB Montagne avant ma mutation pour Grenoble, je m’inscris à la sortie de Fred Jeannin : « traversée Allalinhorn 4 027m – Alphubel 4 206m ». Je n’ai pas remis de crampons ni marché à plus de 3 000 m depuis 7 ans, et ma seule rando cette année c’est une heure de marche d’approche avec Daniel BARBIER deux semaines avant… qu’à cela ne tienne : je marche en forêt (un garde ONF comme Alain !), et puis j’vais à la piscine alors bon, j’invoque l’esprit du Grenoblois Lionel Terray et en voiture Simone… !
Pas de bol, la veille (vendredi 09/8) je suis un peu malade mais me souvenant de la phrase de Nietzsche « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort » je me dis qu’il faut vaincre le mal par le mal, et nous voilà en voiture (sans Simone du coup) samedi matin : Fred (leader et conducteur émérite genre WRC), Mathilde sa compagne (mais cela ne nous….. reugardeu pas !), Laurent un de leur pote (dit « le Poney » vous verrez pourquoi plus tard), donc votre serviteur et camarade Rémi (« … et je me balade avec tous mes amis.. » etc).
JPEGArrivée vers 14h30 au parking obligatoire de Saas Fee à 1 800m (14Frs/24h), petite ville enchâssée dans un magnifique panorama de sommets allant de 4 000 à 4 500m, nous partons pour prendre le téléphérique avant la fermeture à 16h. Et hop 1 200m de dénivelé en 10 min, arrivée à 3 000m ! Mon souffle devient « court » et mon pouls s’accélère, je mets alors en pratique ma « double ventilation » qui, je l’apprends plus tard, aura inquiété mes camardes de cordée : mais non, je ne suis pas asthmatique !
Après 1 heure de marche en courbe de niveau nous atteignons Britanniahutte, où nous découvrons un bien beau refuge agrémenté d’une bien belle équipe (blonde). Avec Fred nous partons repérer le trajet du lendemain, et optons pour suivre la ligne débonnaire du glacier (on évite le plus raide quoi). Le diner est pris à 19h, et nous pouvons tenter notre anglais avec une famille de britannique qui mange à notre table : ils viennent de faire 26 heures de voiture, et devraient bien dormir ce soir (en fait non !).
JPEG Couché à 21h, je n’ai pas eu besoin de me lever : comme Laurent je n’ai rien dormi à cause d’une céphalée due à l’altitude et à ma malédiction de la veille. Disons donc que nous nous mettons debout à 3h, pour un départ à la frontale à 4h. Arrivés sur le glacier, nous mettons tout notre attirail et formons la cordée : Fred au « lead », le Poney aux flatulences, Mathilde qui les supportent, et mes zigues (le plus lourd) en boulet. Nous hésitons après ½ heure de marche à franchir de larges ponts de neige, formés sur les crevasses qui fendent le glacier dans son virage. Une cordée d’intrépides anglais ne se posent pas la question (l’Amiral Nelson à battu Napoléon, don’t forget it !) et, rassurés à moitié, franchissons l’obstacle à leur suite.
Après un magnifique lever de soleil et deux poses, nous voici à l’orée des 4 000m dans un passage rocheux (grade 3). Pendant environ 15 min nous grimpons, tout crampons dehors, avec les dents parfois (sacré Laurent !), à paumer une dégaine du chef (sacré Rémi !), et lentement nous nous hissons au panorama final : le Cervin, le Mont Blanc etc etc… Il est presque 8h30, on se fait la bise, on est contents, on est fatigués, et il faut descendre (tant pis pour l’Alphubel !).
JPEGUne descente donc où petit à petit le cerveau quitte le mode « automatique » et la température remonte. Devant nous le glacier se raidit deux fois et nous nous retournons en pointes avant pour « désescalader » ces passages, au grand damne de Mathilde qui est la seule à utiliser tout ses neurones ! Ouf ! Encore plus d’une heure de marche sur une vielle piste de dameuse pour arriver sur la terre ferme : on casse la croûte vers midi et il nous reste presque 1 200m à descendre… quand mon genou gauche me rappelle pourquoi j’avais mi l’alpinisme entre parenthèse : aïe, ouïe, je boîte jusqu’à la prochaine remontée mécanique et termine à la voiture une heure avant mes camarades.
Le retour se passe dans les bras de Morphée, sauf pour notre couple intrépide Fred+Mathilde qui se passe le volant entre achat d’abricots du Valais et bouchon pontissalien.

Merci à vous trois, à l’USB, et pour finir je dirai que : L’ascension d’un 4 000 n’est pas un dîner de gala !

Rémi D