Les 3 Monts

Tacul - Maudit - Blanc

Après une montée en télécabine à l’aiguille du midi, nous rejoignons le refuge des cosmiques en fin d’après midi.
Le soir, un joli coucher de soleil récompense nos efforts. Les stigmates de la coulée ayant emportée deux alpinistes deux jours avant sont encore visibles sur la face du Tacul et semblent marquer tous les alpinistes présents au refuge.

Au refuge des Cosmiques {JPEG}

Notre réveil à 3h nous permet d’apercevoir le parcours illuminé par les frontales des collègues partis à 1h du matin. Nous nous séparons en deux cordées, les jeunes : Pilou avec Rodolphe et les anciens : Manu et Joce.
Après le passage d’une grande rimaye que nous franchissons aisément, nous accélérons sous un sérac menaçant. Manu est furax : je lui annonce qu’il ne nous reste plus que 30 secondes à sprinter, alors qu’en fait, nous n’avons pas encore atteint la zone d’exposition. Le vent forcit quand nous atteignons l’épaule du Tacul, la présence d’une glace vive avec beaucoup de « gaz » m’impressionne à ce moment.
Nous effectuons une jolie montée en mixte pour atteindre le sommet du Tacul à 6h.

Le Mont Blanc du Tacul 4248m {JPEG}

Les lueurs oranges du soleil levant laissent prévoir une magnifique journée ensoleillée et dévoilent les grandes Jorasses en ombres chinoises. La face du mont Maudit est tourmentée, mais les séracs sont moins menaçants.
La montée finit par une pente qui se redresse. Les cordées de devant sont en difficulté pour la franchir. Pilou, suivi de son compagnon Rodolphe la franchisse « tout debout et fin drus ». Nous repensons alors à l’anglaise avec qui nous avions trinqué la veille et qui s’attendait à voir passer des fusées ayant bu du « caot dou wroune » (Côte du Rhône). Nous atteignons le sommet du Maudit à 8h30 suite à un joli passage rocheux.

Le Mont Maudit 4345m {JPEG}

La dernière pente pour atteindre le sommet du Mont Blanc ne présente pas de difficultés techniques majeures. Cependant, un investissement physique important est nécessaire, et nous rappelle à l’ordre ; Bravo à Manu, qui malgré ses maux de ventre, a très bien géré cette ultime difficulté.
Au sommet, la prestigieuse « carotte de l’amitié » nous attend : la sobriété légendaire, s’il était besoin de la démontrer, de l’USB a impressionné les autres cordées.

Le Mont Blanc 4810m {JPEG}

Pierre était ce jour là inarrêtable et propose de faire un crochet au Mont Blanc de Courmayeur. La pente est raide et délicate, il s’agissait surtout de faire coucou à nos voisins italiens !!!
Lors de la descente au refuge du Gouter, Pierre sympathise avec ce qu’il nomme un « papy de la montagne » à qui nous pensions faire plaisir en laissant la trace…
Pour le fun et sans doute pour pouvoir se vanter auprès de « la Bergère », Pierre attaque tout debout et au plus court la pente du dôme du Gouter, qui constitue nôtre 5eme 4000 de la journée.
Il n’y a rien à signaler lors de la descente finale hormis les chutes katas involontaires de Rodolphe dans la neige (celui ci étant alors absorbé dans ses pensées amoureuses). Nous retrouvons Odile et Pierre B au refuge du Goûter, qui réaliseront l’ascension du Mont Blanc le lendemain, accompagnés de Manu. De nôtre coté, nous sommes redescendus à pied jusqu’aux Houches.
Merci à Pilou et Manu, pour cette magnifique escapade !!!

Jocelyn

Au sommet du Mont Blanc 4810m {JPEG}