Les arêtes des aiguilles des montagnes de Baulmes


Remarque : cet article a été publié en 3 parties dans 3 programmes consécutifs

Vendredi 21 Novembre 2003 – 21H43 dans le salon

« - un toucan… ? un rhinocéros ?…C’est toi Dédé !.
Un lion… ? une antilope… ? une grenouille…. ? une carpe ! Ah ahah c’est toi Arno, je t’ai reconnu ! t’imites toujours très mal la carpe…Comment vas tu vieille branche ? toujours à faire des vannes à 3 balles au téléphone… ?.

Ses chaudes et ludiques imitations d’animaux sauvages introductives laissèrent place dans l’instant au télégraphique et frigorifique style linguistique d’Arno dès lors qu’il cause grandes courses :

Arno : mission / dur / aérien / mal équipé / temps incertain / humm (il avait un peu mal à la gorge…) /1er de cordée / j’aurai un slip sur la tête/

Arno : Dédé / François / Séb Roy et Nadège / Odile / Annabel / Fréd / Gérald / baby / Clic/ »

Nado : OK, j’suis avec toi. A demain mon Nono. En même temps je m’aperçois qu’il n’y a plus personne en ligne ce qui me permet de mieux comprendre qui était ce Mr Clic qui n’était autre que le bruit que fait le téléphone quand son correspondant raccroche.

Vendredi 21 Novembre 2003 – 21H46 dans la cuisine

Sylvaine : Mais qu’est ce que tu fais.… ? je te cherche partout ! ça va pas ? t’as manger 2 paquets d’un kilo de pâtes ? T’aurais pu au moins m’attendre, j’ai fait de la soupe à la courgette !!!
Nado : - Chérie, demain je pars en montagne. EN MON TA GNE. Un sommet vierge derrière les Fourgs : Les arêtes des aiguilles des montagnes de Baulmes !
Sylvaine : Ohhhhh comme tu es beau et fort mon chéri… Donne moi tes lèvres que je te couvre de baisers !
Nado : pas d’excès Sylvaine, si ça se trouve ce rustre d’Arno n’aura même pas prévenu la presse »

Vendredi 21 Novembre 2003 – de 21H57 à 22H 14 dans les WC

Vendredi 21 Novembre 2003 – 22H15 dans le garage

Revue du matos : 2 jeux de friends (au total 15 toutes tailles), 3 jeux de coinceurs, (au total 18 toutes tailles), 1 casque, 6 sangles et mousquetons à vis, 25 dégaines, 2 poignées, 4 prussik, 3 plaquettes, 2 cordes de rappel, une poignée de stick pour les lèvres, du papier WC

NB on peut toujours manquer ou paumer du matos

Vendredi 21 Novembre 2003 – 23H41 dans les WC

Nado : Sylvaine ? S Y L V A I N E !!!
Sylvaine : ouhouh, t’es où mon chachaton… ?
Nado : devines ? il reste du papier en bas ?

Vendredi 21 Novembre 2003 – 23H59 dans le couloir

Nado : Mon pyjama, il va pas mal avec mon baudard, tu ne trouves pas ?

Samedi 22 Novembre 2003 – 00H09

Nado : t’as pas un truc qui me permettrait d’arrêter d’avoir la sensation de faire pipi comme une fille ?
Sylvaine : t’as qu’à prendre 2 gélules d’imodium dans la pharmacie ! »

Samedi 22 Novembre 2003 – 06H00

Sylvaine : 6H00, c’est pas un peu tôt pour être à 9h00 à Rivotte ?
Nado : Ah ça, c’est bien une réflexion de gonzesse. Je pars faire une 1ère bordel…c’est pas rien !

Samedi 22 Novembre 2003 – 09H10 à Rivotte

La troupe, sans Séb, Nadège et Baby qu’on retrouve à Pontarlier, m’attend sagement comme prévu sur le parking Rivotte.

Nado - salut la jeunesse, la foforme !
- ah, voilà l’gros nase.
- T’as vu l’heure ?
- tu veux une grue pour charger ton matos dans la lagun’ de François ?
- T’as eu la chiasse toute la nuit ou quoi t’es blanc comme une fesse ?
- oufoufoufoufouf…. »

La déconade entre amis quoi !

A ce stade, je remarque que Dédé a enfilé une paire de babouche verte qui dépareillent de sa jolie tenue bleue marine style milieu 20ème siècle. Je lui dis gentiment que ce n’est pas de très bon goût, ce qui me surprend connaissant l’élégance de son épouse Monique.
Annabel a pour sa part choisi d’enfiler sa nouvelle veste rouge sans manche qui lui va très bien. Je lui mets un bon 16/20 (et je note sec). A noter également un peu plus tard l’équipement tout neuf de Gérald qui pour cette occasion nous rincera au Schnabeudzi (bar des Fourgs). Sympa.

Dans les voitures qui nous conduisent à Pontarlier, on pète et on rigole. Ce qui est bien naturel.

Samedi 22 Novembre 2003 – 10H00 café offert par Odile dans un bar de Pontarlier

Odile tient très souvent attaché sa frange par 2 petites barrettes placées sur le haut des tempes. Ca lui donne un air coquin qui lui va aussi très bien. Nadège a préféré attirer l’attention en déchirant légèrement et proprement un bout de son pantalon aux fesses, ça lui donnait un petit air trash qui lui allait aussi très bien. François s’était lavé les doigts, Baby le kiki. Séb parlait du maghreb, Fréd de Venise.

Samedi 22 Novembre 2003 – 10H30 au pied des voies

Arno décide des cordées Séb/Nadège/annabel, Fréd/Odile (tiens tiens… ??!), François/Dédé/Gérald (tiens tiens !!), Arno/Baby/Nado (normal !)

Séb et Fréd partent sur la petite arête (2 pas de 5 de mémoire/ 5 longueurs/1 moulinette et 1 rappel pour finir). François et moi-même partons sur la grande arête (1 pas de 4 de mémoire mais une certitude : les passages en 2 et 3 sont très soutenus…/ 4 ou 5 longueurs / et rappel sur un nœud de fou appris au dernier stage alpi-bravo Arno).

Après 3 longueurs, la grande arête s’effile encore et j’aperçois à 50 m à vol d’oiseau sur la petite arête, la cordée de Séb en train de ramper, ventre à terre sur un plan à peine incliné.
Je m’étonne ! ?
J’avale les cordes de mes seconds tout en me retournant à nouveau vers Séb en me disant silencieusement que c’est un peu surcoté sur la petite arête et je les vois toujours rampant, à peine plus avancés. Baby arrive au relais et me demande ce que je fous la tête tordue, coincée sous la branche de l’arbre dont le tronc me sert de relais. Je redresse la tête et me rends soudainement compte qu’au lieu de ramper, la cordée de Séb était dans un pas vertical que l’angle droit que formait l’axe de ma tête avec ma colonne vertébrale m’avait laissé prendre pour un pan horizontal…étonnante géométrie !

Soudain, en me retournant, je hurle à Baby seul arrivé au relais : Attention, en azimut 37° un Yack furtif se dirige vers nous. Surpris par l’intensité de ma voie qui rappelle (c’est ce qu’on m’a dit) la force vocale de Patxi de la Star Ac III, Baby se retourne aussitôt mais plus rien. Et je le vois ensuite tourner LEN TE MENT vers moi un regard dubitatif, dont tantôt l’œil droit, tantôt l’œil gauche était masqué par de longues mêches de cheveux châtains battus par la bise. En même temps, que le souffle de l’air forçait l’entrée de sa bouche en lui déformant le visage et en me bombardant de boulettes de salives, j’observais avec étonnement la pousse rapide de 2 cornes de rhinocéros bien distinctes sur sa tête. Je me secoue l’esprit et mange une barre de céréales pour faire disparaître ce début de mal des montagnes et ceci tout en avalant la corde verte d’Arno.
Des meuglements lointains qui se font de plus en plus forts malgré le vent sommital me laissent penser qu’à la place de Yacks, il s’agit là d’une cordée de 2 grosses vaches Suisses voulant nous doubler en corde tendue. Vingt diousse, là Bordel ! juste en dessous, t’as vu Baby ?. L’odorat confirmait le 1er diagnostic : ça daubait bien grave le dessous de bras de Yack. Baby toujours très lucide malgré la fatigue qui nous gagnait, constatait une fois le monstre sorti du vide, qu’il fallait bien se rendre à l’évidence un Yack avait bouffé Arno, lui avait piqué sa polaire USB ainsi que ses vieilles pompes rouges et avait enfilé le tout. Saloperie de yack disions nous avec Baby les larmes aux yeux. C’est en demandant machinalement à cet animal qui imitait par ailleurs parfaitement la voix d’Arno de se vacher au relais, que nous reconnûmes ensemble la bonne boubouille de notre guidos dissimulée sous ce qui était en réalité un bonnet en poils de yack et non cet animal bourru.
Nous rîmes ensemble un bon moment de cette sotte inquiétude et exprimâmes le bonheur que nous eûmes à nous retrouver en formant une sautillante ronde sur la minuscule vire qui faisait obstacle à la chute de nos corps gaillards.

Un peu plus loin sur l’arête, un merveilleux spectacle enivre nos 3 cœurs et nos 3 têtes. Le Chablais à l’Est, les falaises de Piquemiette – Mont d’Or au Sud, Séb/Fréd et leurs femmes à l’Ouest, plein Nord le fil non électrique de la grande arête se profile devant nous, de tous les cotés l’air nous fouette et à cet instant je suis un oiseau accroché à une branche écartant légèrement ses ailes pour que ses plumes soient traversées par ce savon qu’est le vent. D’une de mes pattes, en sifflotant, je me frotte le corps avec une petite cocotte de pin trouvée en chemin. Je suis bien !

Bientôt nous arrivons au terme de notre voie alors que les cordées de Séb et Fréd rappellent de 5-6 m pour remonter ensuite une dizaine de mètres puis à nouveau rappeler une quinzaine de mètres et enfin sortir sur la pente arborée qui porte les aiguilles des montagnes de Baulmes.

Heureux de nous retrouver après cette belle aventure, nous redescendons le sentier qui nous ramène aux voitures main dans la main en faisant une grande farandole et en chantant à tue tête « loup, loup nous voilà, non tu ne nous mang’ras pas, ta ta ta ta ti ta ta – ti ta ti ta ta. Boum ».

Le repas est comme d’hab’, c’est à dire que ceux qui n’ont rien amené sont nourris par ceux qui se privent mais au delà de ça, et comme toujours nous aurons à ce repas moult mets dits de l’amitié : du Beaujolais, du comté, du pain, du café, puis 5 ou 6 paquets de gâteaux.

Après le repas, alors que le peloton insouciant des dangers s’apprêtait à se disperser pour convoiter les arêtes que les autres avaient fait le matin, un Suisse embusqué à proximité dans une fortification de son pays anéantira le groupe par un tir fourni de branche de noisetier en guise d’arme à feu. Personne n’en réchappât. Dans un geste désespérer le soldat régional Dédé s’est jeté sur le petit Suisse mais s’effondra lourdement à ses pieds, le ciboulot littéralement disperser par une noisette explosive.

Bien sûr, le petit homme Suisse n’était autre que moi et tout heureux d’être finalement tous vivants nous nous poursuivâmes en courant et en criant jusqu’à la voie que les autres avaient fait le matin.

Pas de changement dans les 1er de cordée sauf pour François qui est remplacé par le soldat régional et pour moi, remplacé par Arnosse notre guido.

2 Heures plus tard environ, nous étions sortis de la petite arête et les autres nous attendaient tranquillement tout en se pelant grave depuis au moins une heure.

Inutile de raconter la descente par le petit sentier…

Pour s’achever, le pot offert par Gérald au Schnabeudzi et quelques grands matchs mixtes de baby foot, puis le retour en voiture.

En conclusion, très bonne journée et sortie alpinisme accessible aux débutants

Nado


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